mardi 23 mai 2017

Le Roi Arthur - La Légende d'Excalibur (2017)




Nouvelle sortie cinématographique du célèbre réalisateur de Snatch, Arnaque Crime et Botanique ou encore les Sherlock Holmes avec Robert Downey JR., Le Roi Arthur est la nouvelle interprétation de la célèbre légende, façon blockbuster.

Rien qu'en voyant la bande annonce, on sait à quoi s'attendre : de l'action, de l'humour, et pas forcément un très grand respect de l'histoire d'origine. Peu importe, je suis allée au cinéma en acceptant ce point, me disant que ça allait être divertissant, et qu'on verrait bien. J'en suis sortie avec un avis grandement positif.

On commence par le moins bon ? le scénario. Il est très pauvre, fade, et franchement pas intéressant. Il faut dire qu'on sait tous comment ça termine. Il y a quelques trucs que je n'ai pas compris de par leur inutilité, mais on laisse passer. Ce qui m'a vraiment gêné, ce sont les changement inutiles qui ont trait à la légende. Par exemple *MINISPOILER* Mordred qui est beaucoup plus vieux de Arthur.... alors qu'il est censé être son fils. Pourquoi ne pas donner un autre nom au mage ? *FINDUSPOILER*

On ajoute à ça le fait que les personnages ne sont presque jamais nommés et qu'on ne sait pas qui est qui par rapport à la légende (je me suis spoilée d'ailleurs en cherchant le nom de l'actrice de Mage, qui visiblement n'est pas juste Mage.... mais qui a toujours été appelée comme telle), et voilà. On a fait le tour du moins bon. Pas grand chose quoi. Maintenant ce qui est bon : TOUT LE RESTE. Vraiment. 

Déjà, les décors ! L'esthétique du film est super travaillé, les paysages sont magnifiques. Il n'y a qu'à regarder la B.A. pour ça.
Ensuite, la musique. Pareil, cf la B.A.
Ensuite, la façon de filmer. Pareil.
Ensuite, l'humour. On a un film qui détend et qui fait rire.

On a donc un film à voir pour l'ambiance, l'esthétique, et pour se vider la tête. Il ne faut pas espérer la remplir avec quoi que ce soit (mis à part des images de la belle gueule de Charlie Hunnam). Donc même si l'avis final est mitigé, il penche vraiment du bon côté.

Si vous êtes amateurs de blockbusters, allez le voir. Si vous êtes pointilleux sur la légende, fuyez, pauvres fous !

dimanche 21 mai 2017

Ubik - Philip K. Dick


Entre la régression du temps et l'instabilité du monde des morts, Ubik est le piège final des réalités. Dans ce roman culte qui réunit tous les thèmes de la S.F., Philip K. Dick peint le portrait d'une humanité à l'agonie, dominée par la technologie. Pour Joe Chip, le héros spécialisé dans la traque des télépathes, la paranoïa et le doute sont les seules certitudes...

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Ubik, c'est un peu le chef d'oeuvre absolu. Celui qu'on est déjà censé aimer avant de l'avoir ouvert, quand on aime la SF. Je l'ai toujours vu au rang des livres cultissimes, indispensables, etc. Donc j'ai commencé ma découverte de l'auteur à la réputation énorme, que ce soit en positif ou en négatif, avec sa "pépite".
L'auteur, déjà, a écrit un nombre énorme de romans et de nouvelles de science-fiction, dont un très bon nombre ont inspiré des chef-d'oeuvre du cinéma et de la télé de ces dernières années (Blade Runner, Minority Report, Total Recall, Le Maître du Haut-Chateau, pour ne citer qu'eux.). Il me paraissait impensable de n'en avoir lu aucun, donc j'ai remédié à cette grosse lacune.

Sauf que... ben ouais, quand on s'attaque à un morceau pareil, il y a toujours le risque d'en attendre trop et de passer à côté. Du coup, Ubik, j'en suis passée à des kilomètres. L'histoire m'a intéressée, mais j'ai eu du mal à y trouver le chef d'oeuvre que j'attendais. Je sens qu'il y est, pas loin, que je l'ai frôlé, mais je n'ai pas réussi à rentrer dedans. J'ai attendu trop de choses qui ne sont pas arrivée.

Eventuellement, il y a peut-être le côté matériel : quand je lis un livre dans une très vieille édition, j'ai tendance à me dire de base qu'il a mal vieilli. C'est idiot, c'est complètement faux, mais ça m'arrive. Donc est-ce que le fait de le lire dans une très vieille édition (celle que j'ai affichée au dessus) a influencé ma lecture ? probablement.

Cependant, je n'abandonne pas, et j'ai dans la foulée trouvé en brocante un autre de ses livres : Loterie Solaire, de même que j'ai ressorti son recueil de nouvelles Paycheck qui, je l'espère, me feront changer d'avis sur l'auteur. Ce qui est sûr, c'est qu'il aura le droit à une deuxième chance.

jeudi 11 mai 2017

♥︎ Le Jardin des Epitaphes, tome 2 : Aimez-moi - Taï-Marc Le Thanh



Pour Double-peine, Poisson-pilote et leur grand frère, le road trip se poursuit dans une Amérique dévastée. Direction San Francisco. Plus rien ne peut les arrêter : ils franchissent les obstacles avec force et optimisme, sûrs de retrouver bientôt leurs parents. Mais de douloureux souvenirs viennent hanter notre héros et anéantir ses certitudes. Et si la plus grande menace qui pesait sur sa famille était là, dans les terribles secrets qui surgissent du passé ?
La fin d'un périple mouvementé entre révélations, émotion et humour !

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Il y a les livres qu'on aime. Il y a les livres qui nous changent, nous transportent, et il y a les livres qui ont l'air d'avoir été écrits pour nous. Le Jardin des Epitaphes est de ceux-là. Il mêle tellement de choses que j'aime que j'ai l'impression qu'il fait partie de mon univers, voir que j'aurais pu en écrire l'histoire (si je savais écrire).

Ce livre, c'est LE livre. Tellement que je suis incapable d'en parler correctement. D'ailleurs, noter un coup de coeur sur la pile qu'on a à la librairie, pour le conseiller, ça a été un enfer.

Suite directe du premier tome, Aimez-moi nous fait retrouver la fratrie dans leur voyage à travers les Etats-Unis. Ils ont laissé l'Europe derrière eux et se rapprochent de plus en plus de leurs parents. De nombreuses épreuves les attendent, à commencer par une de taille : la mémoire de Hypothénuse/Carnage/Pax (ou le héros qui n'a pas de prénom). Ses deux années de trou noir se comblent progressivement et pas de la manière la plus douce, sauf que les surprises ne sont pas agréables.
Les éléments que je trouvais un peu incohérents trouvent des réponses, plus ou moins plausibles. Mais qui dit monde futuriste dit que l'auteur fait ce qu'il veut. Quand des éléments me gênaient, je laissais passer, et ils trouvaient tout simplement leur explication plus tard. Cependant certains détails m'ont vraiment gênés par leur manque de réalisme, comme le fait que Double-Peine (dont j'ai oublié l'âge exacte mais qui doit avoir dans les 4 ans) soit capable de chanter du Aerosmith ou Teenacious D, mais ne comprend pas une phrase comme "my name is Sarah". Ou alors la facilité avec laquelle certains événements se développent.

Sauf que ce livre est un jeu-vidéo, du moins dans son ambiance. Encore une fois, les choix de l'auteur sont là pour ajouter une ambiance particulière à son livre, et ça a marché à 100%. Dans un livre aussi captivant que celui-ci, et aussi proche de tout ce qui m'inspire, je suis prête à laisser passer tous les petits défauts, et à les considérer comme des preuves de qualité irréfutables.

Autant le dire, je suis totalement aveuglée d'amour face à cette série.
Un gif pour l'ambiance à la MAD MAX.
Pour la référence à une chanson citée dans le tome 1.

lundi 24 avril 2017

La Nuit des Cannibales - Gabriel Katz


Le réveil, déjà... Il est sept heures. Bizarre, j'aurais juré l'avoir réglé sur huit. Sous ma main, la table de nuit est plus basse que d'habitude. La radio gueule un truc qui ressemble à Madonna, ou Lady Gaga, bref. Ce n'est pas France Info. Je me lève dans le noir et me demande d'où vient cette infâme odeur de pieds. Je n'ai jamais senti des pieds de ma vie, et même si j'ai assez bu pour me réveiller dans un lit qui n'est pas le mien, ça n'a jamais fait puer personne. L'interrupteur, enfin, me tombe sous les doigts. J'allume. Je regarde mon bras... qui n'est pas mon bras. Mon nez me paraît pointu, mes pommettes aussi. Putain, je ne suis pas moi.

Lorsque Maxime de Retz, homme d'affaires de 43 ans, se réveille dans le corps d'un ado, la situation est pour le moins embarrassante.
Mais, quand on essaie de l'assassiner, là, tout part carrément en vrille.

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Pas facile d'être objectif quand on parle d'un livre écrit par un "copain". Quand ledit copain, on le connait plutôt bien. Quand on le retrouve dans le personnage principal dans à peu près tous les paragraphes.

Le problème, c'est que j'ai adoré ce livre, mais plus parce qu'il me fait penser à Gabriel Katz, que pour son histoire, du coup je suis incapable de savoir si je l'aurais aimé si je ne connaissais pas l'auteur. Je suppose que oui, parce que j'ai quand même bien rigolé.

L'histoire est sans prétention. On a l'impression de lire un scénario de film d'action : des flingues, des fusillades, des belles bagnoles. Jason Bourne s'incruste à Paris, se retrouve dans un corps d'ado et essaie d'échapper à des Cannibales un peu étranges. C'est de la lecture "détente" qui change un peu, quand on n'est pas habitué à ce style.

Du coup, j'ai vraiment bien aimé cette lecture, ça m'a détendu, ça m'a changé et ça m'a fait rire (bon, probablement parce que j'aime bien l'humour noir, parce que finalement il n'y a rien de drôle dedans). On est loin d'Aeternia, sa seule autre série que j'ai lue, mais c'est pas déplaisant.

lundi 17 avril 2017

Le Nom du Vent - Patrick Rothfuss


Un homme prêt à mourir raconte sa propre vie, celle du plus grand magicien de tous les temps.
Son enfance dans une troupe de comédiens ambulants, ses années de misère dans une ville rongée par le crime, avant son entrée, à force de courage et d'audace, dans une prestigieuse école de magie où l'attendent de terribles dangers et de fabuleux secrets...
Découvrez l'extraordinaire destin de Kvothe : magicien de génie, voleur accompli, musicien d'exception... infâme assassin. Découvrez la vérité qui a créé la légende.

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J'ai tellement entendu parler de cette série que lorsque je l'ai entamé (en VO, acheté en Irlande auprès d'un libraire qui me l'a vendue comme sa série de Fantasy préférée), je n'avais jamais lu le résumé car je ne voulais pas savoir à quoi m'attendre. D'ailleurs, je trouve le résumé de Bragelonne assez mauvais, contrairement à celui en anglais, que je vous épargne pour les non-anglophones.

Ce livre est magique. Je n'ai pas ressenti ça depuis L'Assassin Royal de Robin Hobb. Kvothe est un comédien, un musicien et un poète. On le sent dans chaque phrase, on le sent dans la musicalité du texte. Rothfuss nous emmène dans un univers complet, où il nous fait entrer dès le premier chapitre, mais dont il ne nous révèle les détails qu'au compte goûte. Le tempo du livre le rend génial. Le Nom du Vent est le premier livre de l'auteur, il n'y a donc aucun doute que celui-ci est né pour ça ! Tout est parfait et mesuré. Et surtout, dès les premières pages, Kvothe a rejoint FitzChevalerie dans mon coeur, ex-aequo, alors que je pensais qu'aucun livre d'apprentissage ne serait à la hauteur de L'Assassin Royal.

Le récit va et vient entre plusieurs époques, lorsque Kvothe est vieux, et dans le récit de sa jeunesse. Il nous promène, nous tease de ce qu'il va se produire ensuite, allume une flamme de curiosité dans le lecteur. Ce livre est impossible à reposer, car on sait ce qu'il va se passer, mais on ne sait pas comment, ni pourquoi.
De plus, la langue est simple, poétique, facile à lire en VO. La musique a une place tellement importante dans l'histoire que j'ai même bouquiné avec du luth en fond sonore !
Son seul et unique défaut est que le rythme ralenti dans la 2e moitié du roman, principalement le passage où Kvothe se rend sur les lieux du marriage (je n'en dis pas plus pour éviter les spoilers ;) ). Je n'ai pas tellement été sensible à ce passage.

Pour le reste, on tient ici un chef d'oeuvre. Si vous ne l'avez pas encore lu.... mais qu'est-ce que vous attendez ?? ;)

La couverture des éditions Bragelonne, bien plus représentative que celle en VO que j'ai achetée. Elle est vraiment à l'image du personnage, Marc Simonetti a fait des merveilles.

samedi 15 avril 2017

La Fille de l'Assassin - Robin Hobb

Exceptionnellement, je ne mettrais pas de résumé au livre, car celui de l'éditeur est surréaliste tellement il spoile tout le livre.
Du début à la fin.
D'ailleurs, je râle, parce que Pygmalion, ils abusent carrément.
Et le titre aussi spoile.
Malheureusement quand on le connaît alors qu'on est en cours de lecture du précédent, bon nombre de choses sont gâchées. Heureusement que l'auteure nous en réserve un bon paquet, et que ce n'est pas pour les rebondissements que je lis cette série.

Au lieu de faire un article classique, j'ai envie de vous parler de manière générale de cette série, et d'expliquer pourquoi elle est si exceptionnelle à mes yeux.

La première chose, je pense, est la complexité des personnages : ils sont tellement complets qu'ils paraissent réels. Ils sont avant tout humains, pleins de qualités et de défauts. Ils sont énervants, attendrissants, émouvants, comme peuvent l'être des proches. Ils ont cette particularité qui les rends presque réels.

Ensuite, le décors : tout est détaillé. Pas comme un livre de Victor Hugo, d'un seul bloc entre deux éléments de l'intrigue, mais petit à petit, au fil des événements, pour nous permettre de visualiser ce qui nous entoure et de nous imprégner de l'ambiance. On ressent le vent, on respire les odeurs, on sait que le héros vit des épreuves réelles, malgré la magie de ce monde.

Magie, qui est absolument parfaite : d'un côté le Vif, de l'autre l'Art, que l'on découvre et comprend en même temps que Fitz, le héros. L'Art est une magie complexe, originale, et on a toujours des choses à en apprendre. Elle est aussi complexe que peut l'être le cerveau humain, auquel elle est liée.

Tout ça n'est possible que grâce à une chose : l'écriture de Robin Hobb, dans la mesure et la retenue. Chaque mot a sa place, chaque phrase un sens. Tout est clair et simple, on ne s'embarrasse pas de texte inutile, mis à part quelques rappels des événements passés qui peuvent donner une impression de radoter (qu'il est facile d'atribuer à Fitz), mais qui aident aussi énormément le lecteur qui n'aura pas lu les 15 volumes de la saga d'une traite.


Pour dire quelques mots sur le livre quand même, je dois avouer que ça valait le coup d'attendre ! J'avais peur que ce soit la trilogie de trop, mais pour l'instant elle est vraiment dans la continuité de l'histoire. Hobb est merveilleuse, Hobb est parfaite. Longue vie à Hobb.

jeudi 9 mars 2017

Le Fou et l'Assassin - Robin Hobb


Entouré de sa famille, Tom Blaireau coule des jours et des années paisibles en son manoir de Flétribois. Mais derrière cette façade respectable se cache un passé trouble et violent, car Tom n'est autre que FitzChevalerie, bâtard de la lignée des Loinvoyant et jadis assassin royal. Un soir d'hiver, un messager se présente à lui avant de disparaître dans des circonstances sanglantes. Quel était le message ? Qui en était l'expéditeur ? Autant de questions sans réponses, autant de vestiges de son passé brutal qui menacent la paix chèrement gagnée...

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Revenir dans l'univers de FitzChevalerie, c'est un peu comme rentrer à la maison après des vacances : on est entourés de personn(ag)es que l'on connaît et on continue tranquillement l'aventure. Dans les flots de nouveaux univers créés continuellement, celui de Robin Hobb m'apparaît comme un répis et un soulagement. Je ne découvre pas de choses nouvelles mais perfectionne ma connaissance de quelque chose qui est déjà ancré très profondément.
Rentrer à la maison, donc. Retourner dans l'univers qui ne m'a jamais quitté depuis que j'y suis entrée. Peu importe ce que je lis en fantasy, un coin de ma tête comparera toujours tout ce qui se fait à cette saga, à Fitz, à l'écriture de Hobb. Cette série incarne ce que j'aime, j'ai l'impression de la vivre avec mes trippes.

C'est avec de l'appréhension que je me suis plongée dans ce nouveau volume, parce que j'avais peur de découvrir un Fitz trop vieux, que l'histoire tourne en rond, se répète où je ne sais quoi. J'avais peur d'être déçue et de regretter de ne pas avoir arrêté avant. Maintenant je le sais : Hobb ne peut pas me décevoir, je l'aime comme j'aime Fitz, comme Fitz aime le Fou : de tout mon cœur et aveuglément.

La tournure des événements est à la fois surprenante et prévisible car on est dans la continuité de tout ce qui a été fait, l'auteure est fidèle à son univers et à ses personnages, ainsi qu'à son lecteur. J'ai hâte de lire la suite, de voir jusqu'où elle va nous emmener cette fois-ci, mais j'appréhende une nouvelle fois la fin, le jour où je me dirais "j'ai tout lu, c'est fini".