lundi 8 septembre 2014

La Fleur de Verre [Nouvelle] - George R. R. Martin

La Fleur de Verre
Auteur : George R. R. Martin
Genre : Science-Fiction, nouvelle
Éditeur : ActuSF
Description (du recueil et non de la nouvelle) :
Un mystérieux artefact qui permet de changer de corps... au prix d’un sacrifice terrible.
Une étrange auberge où l’on croise de curieux voyageurs... mais où personne n’est ce qu’il prétend être.
Des enlèvements inexpliqués...
Une ancienne petite amie un peu trop envahissante...
Une lutte entre le Bien et le Mal digne des meilleurs pulps des années 1950...
Les nouvelles de George R. R. Martin sont autant de redoutables récits à l’écriture implacable, où se côtoient horreur, fantastique et science-fiction. 

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Cette nouvelle de moins de 100 pages fait partit d'un recueil du même nom fraîchement publié par les éditions ActuSF. Je voulais à l'origine rédiger un article regroupant mon avis sur toutes les nouvelles mais quand j'ai vu déjà ce que j'avais à dire sur la première, ajouté au fait que je n'ai aucune idée de quand je pourrais lire la suite, j'ai décidé de publier déjà cet avis là, j'aviserai pour la suite.

L'histoire se déroule sur une planète lointaine, dans des milliers d'années, à l'occasion d'un "jeu des esprits" où chaque joueur désigné (pas toujours de son plein grès) va procéder à un changement de corps. Le concept est assez étrange et met du temps à être expliqué car il est entrecoupé par l'histoire de la narratrice, Sagesse, qui se révèle être la maîtresse du jeu.
Si la description physique de celle-ci met un peu de temps à venir, on lui retrouve des similitudes assez évidentes avec l'une des héroïnes de l'œuvre majeure de l'auteur, le Trône de Fer (dont vous pouvez trouver mon avis ici). En effet Sagesse est, ou plutôt occupe le corps d'une jeune femme aux cheveux d'argent et aux yeux violets pénétrants. Ça vous rappelle quelqu'un ?
L'histoire est aussi celle de Kleronomas, un mystérieux cyborg au passé incertain, qui se révèle être un candidat plutôt original.

"Il y a les joueurs et il y a les récompenses, mais lorsque vient la souffrance et que commence le jeu des esprits, nous sommes tous égaux" (p. 31)

Cette citation aussi pourrait rappeler sans problème la célèbre saga et son "quand on joue au Jeu des Trônes, soit on gagne, soit on meurt". Il y a un petit écho dans la façon d'écrire de l'auteur, j'ai reconnu sa plume sans trop de peine, pourtant je lis les Trône de Fer en version originale et ici je lis une version traduite.

Pour ce qui est de ce "jeu des esprits" à proprement parlé, je dois avouer qu'il m'a laissé perplexe. Trois joueurs sont sélectionnés, ainsi que trois récompenses (des corps pour simplifier). Le jeu est en fait une bataille mentale entre ces six personnes, qui est complètement absurde car chacun est libre d'imaginer ce qu'il veut.

"Les règles sont simples. Croyez en tout ; ne croyez en rien."

La bataille n'est pas forcément le passage que j'ai le plus apprécié de l'histoire, mais pour des raisons de goûts personnels plus que de qualité de récit. Là dessus, je dois avouer qu'il n'y a rien à redire. Martin, dont c'est la première nouvelle que je lis, m'a prouvé qu'il peut être très efficace avec une centaine de pages et en s'attaquant à de la science-fiction. Son univers est précis et très bien développé tout en restant simple. Les descriptions vont à l'essentiel et suffisent pour qu'on s'imagine très bien l'ambiance de la nouvelle.
Je suis complètement convaincue par ce récit qui va m'inciter à lire plus de nouvelles de l'auteur :)

4 commentaires:

  1. Je me suis dit en la lisant que tu l'avais peut-être chroniquée... et la voilà! Rien à rajouter sur cette nouvelle. En revanche, quel plaisir d'enchaîner les 6 autres!
    "Une nuit au chalet du lac" nous plonge dans un univers fantasy ambiance fin du monde, avec des persos approfondis et enthousiasmants. On regrette la brièveté de la nouvelle!
    "Cette bonne vieille melodie" traite de l'amitié et du remords dans un monde contemporain
    "Le regime du singe" est une réflexion désabusée sur l'obésité
    "Les hommes aux aiguilles" explore les légendes urbaines.

    Autant de thèmes, d'univers et de périodes d'écriture qui me confortent dans l'idée que Martin n'est pas "que" l'homme d'une saga géante.
    J'espère t'avoir donné envie de t'y replonger entre deux épisodes ^^
    A bientôt!

    David de Valence

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    1. Tu es allé chercher cette chronique très loin ! Je me souviens qu'à l'époque, j'étais tombée sur le livre et je n'avais pu que l'emprunter, donc ma lecture s'était arrêtée à la première nouvelle.
      Un jour, j'espère avoir l'occasion de lire les autres. Je confirme que Martin est bien plus que l'auteur du Trône de Fer, peu importe le format qu'il utilise (longue saga/roman/nouvelle) il marque à chaque fois.

      As-tu lu certains de ses romans ? J'ai lu Riverdream et Skin Trade, j'ai adoré les deux pour ma part.

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  2. Avec Skin Trade aussi je remonte loin dans tes chroniques ! J'avoue que le pitch que tu en fais donne envie. D'autant que, au contraire de toi, je suis plutôt branché polar (je te conseille l'incroyable Dennis Lehane, auteur de "Mystic River", "Shutter Island", et toute la série des Kenzie / Gennaro). Mais j'avoue que le loup-garou de Skin Trade me fait plus envie que les vampires de Riverdream. A tort ou à raison !

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    1. Ils sont très différents l'un et l'autre. Skin Trade est presque une nouvelle tellement il est court, Riverdream traîne un peu en longueur. Dans les deux cas c'est vraiment sympa car on a des mythes revisités, avec la plume vraiment particulière de Martin.

      Je ne suis pas très branchée polar, principalement par manque de temps. J'ai peur qu'en mettant le nez dedans je n'en sorte plus, donc je garde ça pour plus tard ;)

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