vendredi 10 octobre 2014

Viktoria 91 - Pierre Pevel

Viktoria 91
Auteur : Pierre Pevel
Genre : Science-fiction, Policier
Editeur : Imaginaires Sans Frontières
Description :
Londres, 1891.
Un tueur rôde dans le quartier de Whitechapel. À la lueur blafarde d'un réverbère gît un bobby, le crâne défoncé... C'est un androïde que de braves londoniens s'apprêtent déjà à démonter ! Reporter impétueux, Norman Latimer se lance dans une enquête délicate : quel rôle joue la mystérieuse Lady Audrey Burton ? Pourquoi se confie-t-elle à lui ? Craindrait-elle de faire appel à Scotland Yard ? Latimer est perplexe.
Il se trouve confronté à d'étranges phénomènes. Heureusement, son vieil ami, l'inspecteur Doty, et Kate Harbuck, la prostituée au grand cœur, vont lui venir en aide, chacun à sa façon. Dans ce monde singulier, où les fiacres conduits par des cochers-robots sont attelés à des chevaux mécaniques, la ténacité de Doty et de Latimer sera mise à rude épreuve ! 

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Mes précédentes lectures des romans de Pevel m'avaient plutôt convaincus de son talent d'auteur. Cependant, quelque chose me dérange dans ses livres : ses histoires sont très intéressantes, souvent addictives, mais, comme dans le cas des Lames du Cardinal, laissent un arrière goût amère, comme si l'auteur était passé à côté de son sujet, qu'il avait dévié de sa route. C'est encore le cas dans Viktoria 91.

Ce court roman est l'un des premiers de l'auteur. Je ne suis pas tellement au fait de ses dates de parutions mais je sais en tout cas qu'il a été rédigé bien avant les Lames et Haut-Royaume. Malheureusement, ça se ressent.

L'histoire et l'intrigue sont très intéressantes. Un meurtre va lancer le journaliste Latimer sur une enquête étrange, qui va le mener sur les traces d'un potentiel tueur en série. L'univers mêle l'époque victorienne anglaise à un côté Steampunk plutôt léger grâce aux automates présents dans le récit. On entre rapidement dans le vif du sujet et les quelques 200 pages se lisent rapidement. Cependant, si la qualité de l'imagination ne fait pas défaut, on ne peut pas en dire autant du style. J'ai eu l'impression de lire un premier roman, de ceux qui semblent bâclés et où l'auteur a hâte de nous emmener à la conclusion, sans prendre le temps de s'appliquer. Le style n'est pas fluide, on ressent l'hésitation dans choix des mots et les descriptions ne sont pas naturelles : elles sont là pour donner une idée du physique des personnages mais arrivent comme un cheveu dans la soupe. Le choix de l'auteur de faire un récit presque "bilingue" (l'intrigue se déroule à Londres, alors on retrouve quelques termes et expressions en anglais) ne m'a pas paru judicieux. Lorsqu'on traduit un roman anglais, on ne traduit pas que la moitié, pour "faire un genre", alors je ne vois pas pourquoi dans la langue originale, on devrait faire "comme si" il avait été traduit, et à moitié (ici ce n'est que mon point de vue personnel, il y aura certainement des gens que ça ne dérangera pas). Les notes de bas de page, par exemple, auraient pu être évitées et les explications données de manière subtiles dans le texte, au lieu de couper la lecture. Surtout que ces notes m'ont très rarement été utiles.

Après ça, j'ai trouvé que les personnages manquaient de profondeur et de réelles émotions. Leurs réactions étaient souvent excessives ou incohérentes et parfois même les conclusions de l'enquêteur me semblaient hâtives.

Tous ces défauts dans la forme m'ont malheureusement gâché la lecture, alors que l'histoire est au fond très agréable. On n'est pas tenus par un suspens insurmontable, mais elle reste intéressante, quoi que mal développée.

Malheureusement ça aura été une déception, mais je me réconforte avec l'idée que les écrits de Pevel s'améliorent avec l'expérience, et la suite de Haut-Royaume, qui va être publiée le mois prochain, me permettra de refaire un point sur sa façon de traiter ses personnages et son intrigue principale.

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