lundi 28 septembre 2015

La voleuse de livres - Markus Zusak

La voleuse de livres
Auteur : Markus Zusak
Édition : Oh! / Pocket
Genre : Littérature
Description :
Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité.
Liesel Meminger y est parvenue.
Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s'est arrêtée.
Est-ce son destin d'orpheline dans l'Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt ? Ou sa force extraordinaire face aux événements ? À moins que ce ne soit son secret... Celui qui l'a aidée à survivre et a même inspiré à la Mort ce joli surnom : la Voleuse de livres...


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C'est un vrai plaisir de débuter un livre dont on ne sait rien, en dehors du fait qu'il est bien. On me l'a maintes et maintes fois recommandé, au point désespérant qu'on a fini par me l'offrir pour que je n'ai plus d'excuses, et j'ai fini par sauter le pas.

L'entrée en matière est pour le moins originale et assez étrange : l'histoire nous est racontée par la Mort, qui aura croisé à de nombreuses reprises la petite Liesel et qui fini par nous raconter son enfance pour le moins hors du commun. En dehors de cet aspect très rare dans la littérature, je trouve ça très original de vivre la Seconde Guerre Mondiale par les yeux une fillette allemande qui n'est pas juive. Elle apporte une certaine naïveté dans la plupart des événements et du coup une légèreté qui fait contraste avec le cynisme de la Mort et le tragique des événements réels. L'histoire en est du coup plus facile à lire, on n'est pas affligés par le poids des événements et des regrets concernant ce chapitre de l'Histoire.

Le style est parfois poétique, quand la Mort parle des couleurs du ciel, qu'elle affectionne tant, ou que Liesel parle des mots qui tombent à ses pieds ou sur ses épaules. Tout est très imagé et laisse ses marques dans l'esprit. J'ai rarement lu un livre où je pouvais autant visualiser les événements que celui-ci, sachant que certains sont très forts en émotions et m'ont plusieurs fois arrachés des larmes que je m'étais promis de ne pas laisser sortir.

L'histoire en elle-même est lente, mais pleine de tous petits éléments qui font qu'on ne s'ennuie pas et qui la rendent vivante. On a une succession de passages touchants, et la vision d'une Allemagne déformée par les questionnements et réactions d'une enfant d'une dizaine d'années. C'est avec cette innocence qu'on vit cette histoire, comme une sorte de rêve, car Liesel vit pour son amour des livres, son amour pour son père nourricier, à l'écart de la réalité, et pourtant tout y est : les bombardements, la guerre contre la Russie, le massacre des Juifs, les camps de concentration, mais tout a un arrière goût de mauvais rêve.

La sensation qui reste à la fin de cette histoire est un vide dans l'estomac à l'idée que ce n'est pas juste un roman, mais un témoignage, accentué par la narration de la Mort. C'est une vraie page de l'Histoire qui nous est présentée et jamais on ne sera capable d'imaginer l'étendue des dégâts causés. C'est un livre très troublant et touchant pour quiconque ne lit pas régulièrement des histoires sur cette guerre. Durant toute cette lecture (650 pages, ça m'a tenu quand même plusieurs jours) je n'ai pas pu m'empêcher de m'endormir avec une lourde pensée pour toutes les personnes qui ont péri durant ces années.

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