jeudi 15 septembre 2016

La main gauche de la nuit - Ursula K. Le Guin


Sur Gethen, la planète glacée que les premiers hommes ont baptisée Hiver, il n'y a ni hommes ni femmes, seulement des êtres humains. Des androgynes qui, dans certaines circonstances, adoptent les caractères de l'un ou l'autre sexe.
Les sociétés nombreuses qui se partagent Gethen portent toutes la marque de cette indifférenciation sexuelle. L'Envoyé venu de la Terre, qui passe pour un monstre aux yeux des Géthéniens, parviendra-t-il à leur faire entendre le message de l'Ekumen ?

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J'aime Ursula Le Guin, de tout mon coeur. Elle m'a giflée avec les Dépossédés, m'a transportée avec Terremer. Il est donc naturel de continuer ma découverte de cette talentueuse auteur. J'ai un souvenir assez mitigé de l'étrange L'Autre Côté du Rêve, et je trouve que La Main Gauche s'inscrit dans la même lignée.

Je ne vais pas tout de suite dire que je suis déçue, seulement que la barre était très haute, et que la magie n'a pas opérée sur moi cette fois-ci.

La Main Gauche de la Nuit, c'est le récit de Genly Aï, émissaire envoyé sur Gethen par l'Ekumen, un organisme s'occupant de gérer le libre-échange et le commerce dans la Galaxie. Une sorte d'Espace Schengen interplanétaire. Sur Gethen, Genly découvre une civilisation asexuée, divisée entre plusieurs gouvernements très différents, survivants dans un climat difficile de période glaciaire.

Le monde dans lequel Le Guin nous entraine n'est pas facilement abordable. Les infos sont données au compte goûte, les noms, termes ou titres désignant les personnages se mélangent et perdent un peu le lecteur. Le roman en lui-même est inégal et m'a laissé de marbre, alors qu'elle développe à nouveau des aspects philosophiques et sociologiques très intéressants, notamment ici sur la question du genre et de la place de la sexualité dans notre société (car sans rivalité sexuelle et inégalités de genre, beaucoup de conflits sont naturellement supprimés d'une société, à commencer par la guerre).

Son titre, on ne peut plus énigmatique, prend tout son sens au bout de 270 pages, et donne finalement un autre sens au livre : Le jour est la main gauche de la nuit, idée de ying et de yang, de dualité nécessaire à l'humanité, que l'on ne retrouve pas tellement sur Gethen.

Malheureusement, elle ne va pas plus loin que l'effleurement de ses idées qui m'ont parues avoir une trop petite place dans le texte par rapport à tout le reste. Ca m'a donné un sentiment de livre creux, inachevé et inégal.

J'ai attendu toute ma lecture le chef d'oeuvre annoncé, car ce livre est classé comme l'un des 100 meilleurs livres de SF de tous les temps par Annick Beguin.

6 commentaires:

  1. Je peux comprendre qu'après Les dépossédés l'effet "claque" se perde. Pour ma part j'ai toujours un excellent souvenir de ce texte, le passage dans les glaces notamment m'a beaucoup marquée.

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    1. Ah justement je l'ai trouvé un peu long. Enfin, je ne sais pas, je suis passée à côté et je trouve ça dommage car les idées étaient bonnes.

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  2. Il est sur ma PAL!!! et j'adore Ursula Le Guin aussi!

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  3. Je pense avoir eu de la chance d'entrer dans l'univers d'Ursula Le Guin par ce livre (en lecture commune avec Kissifrott), il explique bien l'univers et sans comparaison ne peut être que sublime. J'en garde du coup un très très bon souvenir.
    Navré pour toi. Encore un complot des "j'ai-trop-d'attentes/je-dois-aimer-ce-livre". Foutu secte !

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    1. Malheureusement j'ai les deux pieds dans cette secte ! :(

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  4. C'est vrai qu'il m'a aussi déçu, je le pensai bien supérieur.

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