mardi 20 février 2018

Faerie - Raymond E. Feist


La vieille ferme isolée dans les bois les avait séduits. La maison était splendide et étrange, spacieuse et pleine de recoins secrets. Phil et Gloria pensaient y trouver le calme après la vie agitée des studios de cinéma californiens. Mais derrière les portes des maisons anciennes, sous les ponts perdus au fond des bois, se cachent souvent des êtres magiques et forces obscures, et la maison du vieux Kessler ne fait pas exception. Les enfants du couple sont les premiers à y être sensibles. D'abord les jumeaux, qui y voient la présence des fées et du vieux peuple des légendes ; ensuite leur fille, dont la beauté attire les désirs d'êtres plus inquiétants... Jusqu'à ce qu'ils deviennent tous les jouets de puissances inconnues, pions dans une guerre éternelle et sanglante, dont dépend le sort de la Terre : quand les maîtres du grand pacte avec les forces de la lumière et des ténèbres, héritiers des druides celtes et des grands prêtres des religions anciennes, surgissent de la nuit pour confirmer leur règne de peur et de secret.

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ENFIN. Grâce à la lecture commune organisée sur Lecture Imaginaire, j'ai pu découvrir celui qui est considéré par beaucoup comme un monument. Il traînait dans ma PAL depuis un moment, et avant ça dans ma wish-list depuis encore plus longtemps.

C'est sans a-priori que je suis entrée dans l'univers fantastique dépeint par Feist. Comme souvent, je n'avais qu'une vague idée de ce dans quoi j'embarquais, car je ne lis jamais les résumés des livres. On découvre rapidement une famille américaine clichée, dans un univers froid et pluvieux (ou alors c'est la météo dehors qui m'a donnée cette impression ?). J'ai été happée dès les premières pages, mais c'est avec plus de réserve que j'ai avancé dans ma lecture.

Rapidement, on se rend compte que le style a un peu vieilli, car les dialogues ne sont plus du tout instinctifs pour notre génération. Ou, peut-être, est-ce du à un problème de traduction. J'ai trouvé que les jeunes de l'histoire ne faisaient pas jeunes du tout.
Ensuite, les personnages. J'ai parlé de cliché, mais c'est peu dire : la famille riche, qui a réussi, qui continue de réussir dans un claquement de doigts, qui a tout à portée de main (richesse, personnel, savoir). Les "amis" qui arrivent au bon moment, au bon endroit, selon les besoins de l'histoire. Il y a un manque de naturel énorme, ce qui empêche presque de s'attacher aux personnages. Presque, parce qu'il y a forcément un peu d'affinités quand on lit plus de 600 pages d'un roman. Mais franchement, ce qui leur arrivait ne me faisait ni chaud ni froid.

Le fond de l'histoire, lui, est passionnant : le folklore irlandais, des mythes vieux comme le monde et des créatures obscures qui rodent dans une forêt. Tout est fait pour être inquiétant, mais là encore ça ne prend pas. A aucun moment je n'ai ressenti de frisson ou d'inquiétude pour les personnages. Vraiment : il pouvait leur arriver les pires horreurs, je n'en avais rien à faire.

En plus de ça, j'ai trouvé que la fin traînait vraiment en longueur.
Des révélations qui se voulaient incroyables et passionnantes m'ont laissée de marbre, tout simplement parce que le style et le détachement dans lequel Feist garde son lecteur m'ont empêchés de plus m'investir dans ma lecture. Quelle déception, quel gâchis ! Une histoire si intéressante, si recherchée, et pourtant si "mal" écrite ! (je mets des guillemets, car on ne peut pas dire que ce soit mal écrit, c'est juste à l'opposé de ce que j'aime).

L'impression générale c'est que Feist se démène pour qu'on ne s'attache pas aux personnages par un style froid et distant, et des personnages nombreux qui ne sont pas du tout creusés. C'était sympa, il y a un potentiel énorme du côté de l'histoire, mais trop de distance avec le lecteur, ce qui fait que ça ne m'a pas du tout emballée.

3 commentaires:

  1. J'avais moyennement accroché dans mon souvenir, principalement à cause de certains passages très glauques.

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    1. Ah pourtant ça ne m'avait pas du tout dérangé, ça donnait un peu de profondeur à l'histoire (et peut-être que j'aime bien les trucs glauques un peu...). Comme quoi, on peut ne pas aimer pour bien des raisons !

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  2. C'est un des Feist que je n'avais pas lu, mais pour le coup, ça me dissuade bien de tenter le coup !

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