jeudi 23 mai 2019

Les Furtifs - Alain Damasio


Ils sont là parmi nous, jamais où tu regardes, à circuler dans les angles morts de la vision humaine. On les appelle les furtifs. Des fantômes ? Plutôt l’exact inverse : des êtres de chair et de sons, à la vitalité hors norme, qui métabolisent dans leur trajet aussi bien pierre, déchet, animal ou plante pour alimenter leurs métamorphoses incessantes.

Lorca Varèse, sociologue pour communes autogérées, et sa femme Sahar, proferrante dans la rue pour les enfants que l’éducation nationale, en faillite, a abandonnés, ont vu leur couple brisé par la disparition de leur fille unique de quatre ans, Tishka – volatilisée un matin, inexplicablement. Sahar ne parvient pas à faire son deuil alors que Lorca, convaincu que sa fille est partie avec les furtifs, intègre une unité clandestine de l’armée chargée de chasser ces animaux extraordinaires. Là, il va découvrir que ceux-ci naissent d’une mélodie fondamentale, le frisson, et ne peuvent être vus sans être aussitôt pétrifiés. Peu à peu il apprendra à apprivoiser leur puissance de vie et, ainsi, à la faire sienne.

xxx

Ce livre avait absolument tout pour me plaire. C'était un coup de coeur à l'avance, rien qu'à voir sa couverture, rien qu'à lire son résumé. En fait, juste le nom de "Alain Damasio" m'a convaincu.
Alain Damasio a tout compris sur la vie. Il a compris la musique, les sons, les couleurs. Il comprend le monde, son fonctionnement. Comme s'il communiquait avec la Nature et qu'elle lui expliquait comment transposer son essence en mots.
Quoi que Damasio écrive, c'est juste, beau, poétique. C'est émouvant et percutant. Il comprend les choses, mais plus encore il sait comment écrire ce qu'il comprend.

Avec ses mots, il nous entraîne, il nous happe dans son monde et nous montre comment lire, écouter, comment voir et regarder, comment sentir et ressentir... et même comment aimer. Il nous apprend la vie, il nous rend poètes.

Tout, TOUT m'a plu, dès le départ. Je suis tombée amoureuse aux premières lignes, j'ai eu l'impression de retrouver un vieil ami, délaissé depuis trop longtemps.

J'ai senti la fascination monter, le chef d'oeuvre grandir, tous les éléments se réunir... et pourtant... qu'est-ce qu'il s'est passé ? Pourquoi ?! Est-ce que c'est moi, Alain, qui ait loupé quelque chose ? Est-ce que j'étais trop fatiguée, trop à côté de mes pompes, quand j'ai lu ton roman, pour que certains passages m'ennuient ? Pour que je perde à ce point l'intérêt de ma lecture, au fil des pages, que celle-ci traîne en longueur, jusqu'à me demander si j'allais réussir à la finir ?

Pourtant, quand j'y repense, quand j'écoute "Entrer dans la couleur", j'aime de tout mon amour ton histoire, Alain, j'aime tes furtifs, j'aime la couleur, ta musique, la mélodie de tes mots. J'ai plongé à l'aveugle dans ton histoire, pourquoi est-ce que je me suis perdue en route ?

Je suis déçue, infiniment déçue, car je sais que j'ai un chef d'oeuvre entre les mains, j'ai une pépite sans équivalent.... mais j'ai décroché. Je m'en veux de ne pas avoir su être passionnée à chaque ligne, de ne plus entendre ton frisson, la vibration de tes mots...
Il y avait trop de scientifique, trop de révolte. Il y avait trop de ces petits éléments qui m'ont fait décrocher, un peu plus à chaque page.

J'ai eu l'impression que le roman réunissait deux univers : celui des furtifs et celui d'une société qui ne donne pas envie. Celui d'un futur probablement trop réaliste, que je ne veux pas voir, dont je ne voudrais pas faire parti. Ce deuxième récit, c'est l'histoire d'une révolte, d'un peuple qui s'insurge et je n'avais pas envie de lire ça.
Je suis tellement fascinée par tes furtifs, que j'aurais voulu qu'il n'y ait plus qu'eux...

J'ai un goût amer dans la bouche, comme si j'étais passée à côté de quelque chose d'énorme, de génial, que je n'aurais pas su apprécier et savourer...

5 commentaires:

  1. J'aime beaucoup aussi Alain, le pitch de ce roman m'a clairement fait remuer la queue. Or, plus j'entendais Alain parler de son livre, plus le doute s'est installé. J'ai eu l'impression qu'Alain s'écoutait parler, et partant de là, se regarder écrire, en oubliant l'histoire et le lecteur.
    Je finirais par le lire, j'espère me tromper, mais les avis qui tombent ne me rassurent guère...

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    1. Ton impression est sûrement la bonne, car effectivement il fini par aller dans l'excès d'écriture "à la Damasio" c'est à dire avec effets de ponctuation, de style, à en faire limite trop et perdre le lecteur..
      Je n'ai pas encore lu d'autres avis, mais ça me rassure un peu de savoir que je ne suis pas la seule déçue.

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  2. Est-ce toi qui es vraiment passée à côté ou l'auteur lui-même, en oubliant le plaisir de l'histoire et de la différence pour retourner dans ses habituelles déclamations ?
    Cela me confirme dans ma non-lecture de ce roman, je vais rester sur mon image de "La Horde du Contrevent". Belle déclaration en tout cas, même si j'espère que la culpabilité s'est dissipée, car elle n'a pas lieu d'être. ;)

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    1. Elle est complètement dissipée, et en plus étonnamment il me reste un arrière-goût plutôt bon maintenant que j'ai bien digéré le livre. Alors que j'ai plus que survolé les 50-70 dernières pages juste histoire de dire que je terminais le livre.
      C'est assez nouveau comme sensation. En tout cas en ne le lisant pas, tu passes à côté d'une belle découverte avec les furtifs, mais tu passes aussi à côté d'une probable déception.

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  3. Je pense que je le lirais un jour ce roman (j'avais bien aimé la Horde et j'avais trouvé la Zone du dehors intéressant bien que ce ne soit pas trop ma came). Mais je vais attendre que tout le tapage médiatique soit retombé pour l'aborder avec plus de neutralité ^^

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